Réclamer « toujours plus de liberté » semble indiquer que nous sommes caractérisés par un appétit illimité de liberté. Cela peut apparaître bénéfique puisqu'un désir de liberté aussi intense doit être très stimulant et fécond pour les individus comme la société. Pourtant, à travers cette liberté que nous désirons si intensément ne se cache-t-il pas autre chose ? Et comment interpréter cet appétit qui paraît insatiable ? La liberté est-elle quelque chose qui se laisse accumuler quantitativement ? Ne doit-on pas préférer la qualité de la liberté ?
Plan :
1. Thèse :
Si l'on comprend la liberté comme assouvissement de nos désirs
alors en réclamant davantage de liberté, on cherche à repousser encore plus loin les limites à la satisfaction de nos désirs. Autrement dit, on recherche l'illimitation de notre plaisir. Mais une telle entreprise est non seulement vaine puisqu'il y a toujours des limites mais aussi fautive puisque suivre ses désirs c'est se soumettre et perdre sa liberté.
2. Antithèse :
La liberté ne saurait consister à « réclamer toujours plus » c'est-à-dire à rechercher l'excès. Une telle entreprise est démesurée voire insensée. Elle consiste plutôt à s'opposer à ses désirs grâce à la raison. La liberté suppose donc plutôt que l'on se fixe des limites à soi-même i.e. des limites voulues par ma raison.
3. Synthèse :
Néanmoins, il est légitime de réclamer toujours plus de liberté si l'on considère les différentes menaces qui pèsent en permanence sur la société ? La liberté n'est sans doute pas un état, quelque chose qui serait acquis une fois pour toute mais il faut sans cesse l'entretenir et la cultiver. La liberté ne se stocke pas. Dans ces conditions, il n'est pas déraisonnable de vouloir « accumuler » la liberté c'est-à-dire finalement l'entretenir. Une liberté pour laquelle on ne lutte pas finit par mourrir.

