1. L'érection, comment ça marche ?
L'érection est pour l'homme un phénomène merveilleux et incompréhensible. Tous les matins, il se réveille avec une verge dure, sans comprendre ce qui lui arrive. Jusqu'à un certain âge où mystère de la nature, cette érection spontanée et salvatrice s'atténue, s'amenuise pour disparaître. Le phénomène de l'érection est parfaitement physiologique et l'anomalie serait plutôt la verge au repos. En effet, le corps n'a rien trouvé de mieux, afin de ré-oxygéner le pénis, que l'érection matinale permettant un afflux sanguin massif avec une oxygénation bénéfique. L'adolescent qui constate ses premières érections ne comprend pas comment cet organe ramolli, qui sert généralement à uriner, peut parfois, sans raison apparente, changer de taille et de volume. Les choses se compliquent encore lorsque, vessie pleine, il ressent un besoin d'uriner simultanément. Pourtant, le stimulus de l'érection ne vient pas du pénis, mais du cerveau qui, au niveau d'une zone très particulière (hypothalamus), va générer des influx et des stimuli qui, le long de la moelle épinière, vont rejoindre les nerfs érecteurs puis, les terminaisons nerveuses effectrices au niveau des corps caverneux et notamment de la cellule musculaire lisse. Depuis la découverte du Sildénafil en 1998, dont nous aurons l'occasion de parler ultérieurement, et d'autres médicaments permettant de maintenir l'érection, les chercheurs ont mieux compris 8
les mécanismes de l'érection et ont permis d'expliquer la chimie qui est à l'origine de ce phénomène merveilleux. Anatomiquement, le pénis est formé de 2 cylindres entourant l'urètre formé du corps membraneux. Les corps caverneux ont une structure très semblable, formant une éponge avec des connexions à travers les interstices. Ces 2 corps caverneux reliés entre eux sont chacun entouré d'une membrane épaisse et non extensible, la tunique albuginée. Au niveau de la jonction entre la terminaison nerveuse et la cellule musculaire lisse du corps caverneux, apparaît une libération d'un neurotransmetteur très particulier, le NO (oxyde nitrique) qui va, lors d'une cascade biochimique, aboutir à une augmentation du GMP cyclique, puissant vasodilatateur. La dilatation de la musculature lisse permet d'accepter une quantité phénoménale de sang artériel qui gonfle le pénis, aboutissant à une érection jusqu'à obtenir une pression maximale. Puis, après compression des veinules le long des membranes albuginées du corps caverneux, le phénomène se verrouille avec un mécanisme semblable à un système d'autoclave. Lorsque tous les systèmes nerveux, hormonaux, vasculaires, artériels et veineux sont parfaitement fonctionnels chez l'homme, le système est extrêmement efficace avec le maintien d'une érection, permettant un rapport sexuel. La détumescence est obtenue après libération massive d'adrénaline au moment de l'orgasme et de l'éjaculation qui permet, en tant que puissant vasoconstricteur, de diminuer la pression au niveau du corps caverneux et de permettre au pénis de regagner sa taille initiale.
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2. La dysfonction érectile, causes et répercussions sur la psyché masculine.
- Même si la dysfonction érectile devient un véritable thème de discussion, elle reste un sujet tabou pour de nombreux hommes et parfois même pour le corps médical1. Nous pouvons considérer qu'en Suisse environ 400'000 personnes sont concernées par le problème pourtant seulement 40'000 d'entre elles vont consulter. Beaucoup de patients se cantonnent encore à des forums sur internet, l'obstacle psychologique restant de taille alors qu'aujourd'hui la consultation devrait permettre d'ouvrir le dialogue et de proposer après un bilan médical complet, un traitement efficace. La prévalence totale de la dysfonction érectile est de 20 % avec une proportion augmentant fortement avec l'âge. En effet, environ 10 % des hommes de 40 à 50 ans sont concernés et 20 % des hommes de 50 à 60 ans. Les statistiques pour 2025 parlent de 325 millions de personnes dans le monde touchées par la dysfonction érectile. La définition de l'OMS de « dysfonction érectile » est le terme clinique retenu pour décrire l'incapacité à maintenir ou à obtenir une érection pénienne suffisamment rigide pour permettre des relations sexuelles satisfaisantes et ce depuis au minimum 6 mois.
- Pendant longtemps, tout le monde pensait que tout se passait dans la tête. En effet, Hippocrate ne disait-il pas que la femme était l'origine de l'impuissance masculine.